Le salon international du livre se teindra cette année du 21 sept jusqu’au 01 octobre. Personnellement je n’y suis jamais allé, en dépit de la distance, mais j’espère bien y aller une fois au moins et faire des emplettes. En me baladant dans le site de l’organisateur, j’avais l’écho de ma voix qui revenait à chaque fois. C’était vide, à part une vidéo de présentation du salon qui trainait dans le coin. Dans cette vidéo, un éditeur, sous le poids de la menace je présume, affirmait que les plus grands lecteurs désormais ne sont plus comme au passé les irakiens ― il faudrait prouver cela d’abord―, mais bel est bien Algériens. Je ne sais pas d’où tient-il ceci, mais il faudrait venir d’une autre planète pour y croire. Si le constat de ce monsieur était motivé par le nombre des visiteurs, qui sont, faut-il le souligner, à l’affut de la moindre attraction, même voir un singe en kilt fumant et dansant le kabyle, aurait fait l’affaire. Quoique j’aurai été tenté de voir ça. Bref, s’il y eu un cirque à la place, ils auraient venu aussi nombreux. Un bon nombre de ces « lecteurs » ne sont qu’une masse, qui à la vue d’une autre foule grouillante, se presse d’aller voir ce qui se passe, les poches pleinement vides bien sûr, puisqu’on y espérait une bagarre, un spectacle généralement gratuit. Et il y a ceux qui veulent lire mais non pas les moyens, ils peuvent acheter un deux ou trois livres qui vous apprennent comment tousser et marcher dans la rue, mais ce dont vous avez vraiment besoin, trois livres seulement vous en coûteraient bêtement le quart d’un salaire qui est, sans le rappeler, le quart d’un « vrai salaire ». Bien entendu il y a ceux qui ont la fortune, ils s’achètent tout genre de livre pour faire joli, mais n’ont pas assez de temps pour en lire un seul. Pourquoi d’ailleurs un riche lirait-il un livre puisqu’il a déjà de l’argent ! Un pauvre se gave de lecture qui le poussera à écrire, dans l’espoir d’en tirer profit un jour Qui sont alors ces lecteurs dont parle ce monsieur. On ne le saura jamais.
On ne peut pas dire que les livres en Algérie se vendent comme des petits pains, la comparaison en serai très désavantageuse. On dit même que l’Algérie est le premier consommateur du pain dans le monde. Je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise chose, mais au moins nous sommes les premiers quelque part! Si nous lisions la moitié de ce que nous mangeons comme pain, ma foi, je n’ose imaginer ce que nous serions devenus. Sans doute moins c+o+n+s et moins gros. Les réseaux de distribution du pain sont très à l’heure, les éditeurs doivent s’en inspirer. Il faut bien le dire aussi, pour lire, il faut avoir des gens qui écrivent et là, soyons honnêtes , dans ce pays il faut bien être un boulanger qu’écrivain. c’est le poids de la farine contre la plume, les lois de la physique sont catégoriques là-dessus, la plume ne fait pas le poids contre une baguette de khobz.
DEHANE Zakaria
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